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Les oiseaux qui tombent

Le livre « les oiseaux qui tombent » est un ouvrage composé de 10 illustrations réalisées par Boris Bellec et de quatre textes écrits par Antoine Vion.

Les textes ont été écrits sous forme de lettres adressées à l’auteur sulfureux Hubert « Cubby » Selby Jr. Quatre lettres écrites sur une période de 10 ans.

Quatre écrits intenses.

Quatre moments intimes.

Extrait :

J’ai rêvé des oiseaux cette nuit. Un rêve sans consistance, je mouline à vide, canne à pêche défaillante. On voudrait revenir au point précis, mais c’est peine perdue, ne reste que les oiseaux au réveil. Les oiseaux et le plafond fissuré au-dessus du lit. Il est tellement proche le plafond. Chambre en mezzanine, je t’épargne le tableau.

Putain Cubby, qu’est-ce que je marche. J’en avale des kilomètres à sillonner la grande ville. Écouteurs dans les oreilles pour éviter les autres. Je fais comme tout le monde je marche sur les trottoirs gris, sous les oiseaux groupés sur la gouttière. Je marche automatique. Ça me fait penser à une vitesse pas croyable. Je tire des plans sur la comète, tourne inlassablement autour du nombril. Marcher, les pieds dans la terre, la tête qui furète. Le corps terrestre, la tête dans les gouttières. J’ai la gueule cassée de fatigue, la gravité fait plier mes épaules.

Livre de 34 pages, en couleurs.

L’auteur

Antoine VION

J’adore Hubert « Cubby » Selby Jr. Il n’a pas écrit assez de livres (six romans). Il parlait de drogues, de sexe, de meurtres. Il parlait des obsessions. Les siennes et celles qui transpiraient dans les actes de ses contemporains. Il fut longtemps censuré, et est surtout connu pour avoir écrit le roman dont est tiré le film « Requiem for a dream ». De l’horreur des faits, pourtant, j’ai toujours retenu l’incroyable tendresse de son regard. Une tendresse douloureuse. Il s’est éteint anonymement le 26 avril 2004.

L’illustrateur

Boris Bellec

J’ai réalisé cette série de dessins comme un besoin, un exorcisme.
J’ai voulu retranscrire cette pensée : nous tombons et nous ne pouvons rien y faire. Nous pouvons nous débattre encore et encore, pour oublier notre chute. C’est toute la beauté de la chose, on pourrait même croire que l’on vole.

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